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La crise
30/03/11
Nous voici dans la crise. Violente, brutale, que beaucoup pressentaient depuis plusieurs années. Crise économique pour les uns, crise de valeurs pour les autres, ou crise de civilisation.
Cette crise est LA crise, pour plusieurs raisons :
- Elle est mondiale et brutalement synchrone, il n’est pas une zone de la planète qui soit épargnée et puisse faire contre poids.
- Dans l’économie réelle, elle annonce la pénurie de matière première à l’échelle planétaire, et rend obsolète le paradigme de croissance permanente qui sous-tend tous nos modèles économiques depuis des siècles
- Dans l’économie financière, elle signe la faillite de la majorité de nos élites en termes d’éthique, comme de capacité à gouverner un système qu’elles ont créé.
- De manière simultanée, et l’on n’est pas obligé d’y voir un hasard, la nature nous montre chaque jour un peu plus que notre influence toxique sur le climat et les éco systèmes met en péril notre propre survie.
Comment réagit un individu face à une impasse dans son évolution, un blocage dans sa capacité à s’adapter à l’impermanence de son environnement ? Il se réfugie pour se reconstruire dans un état régressif, ou dépressif pour les impasses les plus lourdes.
Voilà ce qui peut nous attendre à l’échelle d’une civilisation.
Une régression, une dépression, est à la fois une réelle souffrance et une formidable chance de se libérer de blocages, de peurs inutiles, de crispations, de croyances en des systèmes corrupteurs.
La plus courante de ces croyances pour un individu, est que la course à la grandiosité, c'est-à-dire à la possession et au pouvoir compense le manque de sécurité affective.
A l’échelle d’une civilisation cette croyance s’appelle un modèle de croissance économique comme mythe de bonheur des peuples.
Un individu subit généralement une dépression dans ce schéma quand il échoue dans son élan de grandiosité, soit parce qu’il atteint le maximum de ses capacités, soit parce que son environnement lui impose une limite.
La planète impose ses limites à notre civilisation. La grandiosité n’est plus une solution possible pour nous procurer l’illusion d’une sécurité affective. Nous n’avons plus d’autre choix que d’abandonner le règne de la possession et du paraître, pour la seule véritable source d’accomplissement : l’être.
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Eric Richalley
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